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Brexit : May veut rouvrir les négociations avec Bruxelles

Brexit : May veut rouvrir les négociations avec Bruxelles

ALEXANDRE COUNIS Le 29/01 à 19:16. 
Theresa May a obtenu le soutien des députés pour renégocier l’accord de retrait signé avec l’Union européenne – Mark DUFFY/UK PARLIAMENT/AFP

Les députés ont apporté mardi leur soutien à la Première ministre pour rediscuter l’accord de retrait avec Bruxelles, en particulier sur la frontière irlandaise. Elle entend soumettre un nouvel accord au Parlement dès que possible.

Le Parlement britannique a apporté mardi soir son soutien pour rouvrir les négociations avec Bruxelles sur l’accord de divorce avec l’UE. C’est une victoire pour la Première ministre, qui comptait sur cet appui pour s’en prévaloir auprès de la Commission européenne, et pouvoir ainsi rediscuter l’accord de divorce conclu fin novembre avec Bruxelles, mais rejeté vertement mi-janvier par la Chambre des Communes.

« Je veux retourner à Bruxelles avec le mandat le plus clair possible », avait lancé Theresa May aux députés, avant qu’ils  n’amendent mardi soir le « plan B » présenté  la semaine dernière par la Première ministre pour sortir de l’ornière. « Aujourd’hui, vous avez l’opportunité de montrer à l’Union européenne ce qu’il faut pour qu’un accord soit accepté par la Chambre des communes, ce qu’il faut pour sortir de la confusion et de la division, mais aussi de l’incertitude ».

La priorité fixée par les députés est claire : il faut revoir le « backstop », ce mécanisme censé garantir en toute circonstance la fluidité des échanges à la frontière irlandaise en laissant le Royaume-Uni dans une Union douanière avec l’UE. Un « filet de sécurité » a priori temporaire (le temps que Londres et Bruxelles concluent, à terme, un accord de libre-échange) mais dont certains à Westminster redoutent qu’il empêche le Royaume-Uni de reprendre sa liberté.

VIDEO. Brexit : les défis d’un nouvel accord

Nouvelle déclaration le 13 février

Pour la Première ministre, le « backstop » « nécessite des changements juridiques pour obtenir le soutien de la Chambre des communes. Cela signifie rouvrir l’accord de retrait », a précisé son porte-parole. Elle entend soumettre un nouvel accord au Parlement dès que possible. Si elle n’y parvenait pas d’ici au 13 février, elle a promis d’y faire alors une nouvelle déclaration, et de permettre dès le lendemain au Parlement d’en débattre, puis de l’amender.

Theresa May peut d’abord se targuer d’avoir convaincu les députés de soutenir l’amendement défendu par le conservateur Graham Brady. Il appelait à remplacer le « backstop » par des « arrangements alternatifs » qui restent encore à préciser. L’amendement a été adopté, mardi soir, par 317 voix contre 301. De quoi donner du poids à la Première ministre, pour montrer à Bruxelles qu’un accord sur ce point révisé aurait toutes les chances de passer la rampe du Parlement.

La dirigeante conservatrice peut ensuite se féliciter d’être parvenue à les dissuader d’adopter hâtivement  l’amendement de la travailliste Yvette Cooper. Soutenu par le Labour, son texte voulait forcer Theresa May à demander à l’UE un report du Brexit, si elle n’obtenait pas le feu vert des députés sur un accord modifié d’ici au 26 février. L’amendement a finalement été rejeté, par 321 voix contre 298.

Theresa May peut pousser un « ouf » de soulagement : en écartant le scénario de « no deal » où le Royaume-Uni quitterait l’UE sans accord de divorce à l’amiable, l’amendement menaçait de la priver d’une arme majeure pour maintenir la pression sur les députés, afin d’arracher leur feu vert sur un accord avec l’UE.

Les entreprises, en revanche, qui comptaient sur l’adoption du texte pour se donner de l’air, en seront pour leurs frais. Les députés ont simplement adopté (318 voix contre 310) un amendement non contraignant pour le gouvernement, déposé par la conservatrice Caroline Spelman, disant qu’ils rejetteront tout scénario de « no deal ».

Soulagement et inquiétude

Autre bonne nouvelle pour Theresa May : à l’issue des votes, le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn a enfin accepté de la rencontrer pour discuter d’un Brexit protégeant les emplois, le niveau de vie et les droits des travailleurs. Ce qui pourrait contribuer à donner à un accord remanié une majorité.

A Bruxelles, ces nouveaux développements sont reçus avec un mélange de soulagement et d’inquiétude. Le soulagement tient au fait que Londres, enfin, envoie un signal. Depuis le début du mois de janvier, plus rien ne bougeait et le principal négociateur britannique, Oliver Robbins, n’avait pas été vu en ville. Au moins cette exaspérante phase de suspension va-t-elle prendre fin.

Mais l’inquiétude reste palpable : rien ne permet d’affirmer, à ce stade, que le jeu va réellement se débloquer. « Les Britanniques n’ont jamais été capables de venir à nous avec un message clair », se désole un Européen proche des tractations qui redoute de voir Theresa May tergiverser à nouveau, comme elle a semblé le faire en décembre . La voie sera extrêmement étroite. Les Européens le martèlent, et Emmanuel Macron l’a encore répété mardi : l’accord de divorce conclu fin novembre avec l’UE est « le meilleur accord possible et il n’est pas renégociable ». Mais rien n’interdirait, en revanche, de faire preuve de créativité formelle pour donner à Londres des gages de sérieux juridique. A l’époque de la négociation de l’accord de libre-échange avec le Canada, le blocage de la Wallonie avait été dépassé grâce à une déclaration interprétative.

Cette fois, pourquoi ne pas imaginer un codicille à l’accord, solide juridiquement, qui viendrait préciser un certain nombre de points, relatifs au « backstop » notamment ? Il resterait, dans ce codicille, à inclure l’idée qui satisferait la demande de Londres de ne pas être prisonnier éternellement de ce filet de sécurité irlandais, sans pour autant fragiliser le mécanisme d’assurance que représente ce « backstop ». Un sérieux casse-tête en vue. Mais, d’après nos informations, c’est l’une des seules pistes sérieuses actuellement à l’étude à Bruxelles.

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